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2012 : Taxer, plafonner, limiter !
La créativité et la croissance vont être mises à rude épreuve durant cette nouvelle année.
On ne peut pourtant pas laisser débuter « 2012 » avec les mêmes méthodes à l’origine de la crise de 2008. Il faut donc bien trouver des solutions et des mesures face à ce qui s’est passé ces dernières années. Mais rien d’efficace ne pourra être mis en œuvre dans cet aveuglément, mélange d’animosité ciblée et de peur du lendemain.
Ce que j’ai pu lire ou entendre en 2011 m’a toujours laissé le goût amer du “sur-place” pour ne pas dire de “marche arrière”.
La crise à laquelle le monde entier doit faire face depuis 2008 est certes d’une ampleur incroyable mais ce n’est pas en pensant “étriqué”, “coincé“ que nous pourrons passer l’obstacle.
Je suis convaincu que directement ou indirectement nous sommes tous responsables de la situation actuelle. Responsables d’avoir demandé et cru en des rendements soi-disant sans risque, responsables d’avoir pensé que la finance, comme fut un temps l’industrie internet, serait le nouvel eldorado et donnerait au monde une croissance infinie. Les mêmes erreurs de raisonnement, les mêmes discours, la même folie. La différence apparente est trompeuse et pourtant ce sont bien les mêmes ficelles qui construisent les mêmes pièges.
Mais comment reprocher aux médias et aux politiques leurs réactions actuelles face à une profession, une industrie qui a montré pour partie une incapacité à s’auto-réformer et à présenter un visage politiquement acceptable.
Politiquement intelligent, économiquement stupide, voilà bien un paradoxe complexe à résoudre pour nos dirigeants ! Pourtant l’industrie financière est avant tout une industrie. On parle de relocalisation industrielle et les états sont prêts à les subventionner. Mais la finance est une industrie à part entière ! Elle apporte et pourra apporter emploi et participation pleine et entière à la vie de nos sociétés. Alors ne prenons pas des mesures de délocalisation définitive ! Même si, comme toute industrie, elle ne peut être soumise à une seule autorégulation sans limite choisie par nos démocraties.
Que ce soit sur la Taxe sur les Transactions Financières (FTT – Financial Transaction Tax), sur les méthodes de rémunérations, voire sur le Trading à Haute Fréquence, les derniers reportages dits “grand public” s’apparentent bien souvent plus à un exercice de désinformation que d’information. Quelle méconnaissance de nos métiers financiers, quelle erreur de cible ! Rapidement quelques exemples : on reconnait enfin que la rémunération des collaborateurs au travers de programmes d’intéressement capitalistique (actions, stock options) est une bonne idée car elle permet de rémunérer à long terme sur une réussite commune. Alors pourquoi taxer ces produits encore plus que du salaire et les tuer médiatiquement, les rendant rédhibitoires à utiliser ?? Un autre exemple : la taxe sur les transactions financières : toutes les études un peu approfondies montrent que cela ne marchera pas, et d’autant moins que cette taxe ne sera pas mondialisée alors que les flux financiers le sont !! Il faut donc taxer post bénéfices, ce qui est déjà fait pour les métiers financiers via la taxe sur les salaires mais aussi au travers de la récente modification de la taxe professionnelle. Sans doute faudrait-il déjà s’assurer que le taux commun d’impôt sur les sociétés est réellement payé ce qui ne semble pas être le cas.
Mais comment reprocher à nos politiques d’essayer de proposer des solutions court terme et de répondre à ce besoin de communiquer sans cesse alors que nos démocraties fonctionnent toutes ou presque avec des échéances électorales courtes, systématiques et renouvelables.
Je souhaite donc (naïvement ?!) que cette année 2012 nous apporte une capacité de dialogue et d’écoute renouvelée. Que les échéances électorales proches ne soient pas l’occasion de surenchères démagogiques mais plutôt celle d’unir nos démocraties européennes autour d’un cadre commun de fonctionnement, incontournable et stable afin de pouvoir construire sur des bases solides, indépendantes des enjeux électoraux ou des peurs ou colères générées par les crises.
Bonne année 2012 à tous.
Dominique Ceolin, président du groupe ABC arbitrage.